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Le blog de carlyne

Un blog pour la familles et les amis. Pour toutes les personnes qui ont besoin de renseignements divers.

Partir comme en 14

Publié le 5 Août 2012 par carlyne in Expressions de la langue Française

Définition

Partir plein d'enthousiasme et d'espoir

 

1914

Dimanche 2 août 1914, date funeste. Les murs de Paris se couvrent des affiches de mobilisation générale : "Par décret du Président de la République, la mobilisation des armées de terre et de mer est ordonnée, ainsi que la réquisition des animaux, voitures et harnais nécessaires au complément de ces armées."

Rapidement les rues et les boulevards se remplissent de monde. La guerre, il fallait bien en arriver là, et tout le monde, depuis plusieurs jours, s'attendait à cette mobilisation. Silencieux, les Parisiens ont le visage sombre en attente de nouvelles. Un journaliste écrit : "On se croirait un jour de fête populaire où tout le monde se tairait."

Quelques jour plus tard, les premiers conscrits grimpent dans les wagons, sans distinction d'origine ou de classe sociale; tous sont réunis sous le même uniforme avec le même but : venger l'humiliation passée et défendre la patrie.

L'enthousiasme croît petit à petit chez les mobilisés. De plus en plus nombreuses, les colonnes de fantassins envahissent les rues. Ils avancent, harnachés avec musette, bidon, pelle, cartouchière, fusil, couverture roulée, paire de chaussures, gamelle et toile de tente qui sera, au front, surmontée d'un petit fagot de bois sec, le tout en un impossible échafaudage fixé sur l'uniforme bleu et rouge.

En défilant dans les rues, ils crient : 'Vive la France, vive l'armée!" La guerre! Ils pensent qu'ils en seront revenus pour Noël, en vainqueurs. Pour l'instant, tout à la joie de leur départ, ils sourient aux jeunes filles qui leur tendent des fleurs ou leur envoient des baisers. L'émotion est tangible, les coeurs battent fort, l'allégresse n'est plus contenue... "Nous vaincrons parce que nous sommes les plus forts."

Ce même jour, au moment de partir, le lieutenant Charles Péguy écrit: "Qui n'a pas vu Paris aujourd'hui ou hier n'a rien vu."

De l'autre côté du Rhin, on vit les mêmes scènes au même moment. Seuls les uniformes changent. L'Allemagne a un casque à pointe et des guêtres, là où les Français porte encore une casquette et des bandes molletières.

Mais l'enthousiasme est le même. Les soldats se dirigent eux aussi vers les gares, tenant leurs enfants par la main. Derrière eux, les épouses, épanouies, regardent le photographe. Elles ont mis leurs plus beaux atours, pelisses, étoles et chapeaux à plume ou à aigrette. Elles sont fières de leurs hommes, confiantes en la victoire. Les enfants ont l'air triste. Peut-être sont-ils les seuls à comprendre que, ce soir, ils ne verront pas leur père. Demain, sans doute, les mères pleureront, mais pour l'instant, il faut montrer aux hommes une indéfectible confiance, la certitude d'un retour proche et victorieux...

La guerre dura quatre ans, fit quelques huit millions cinq cent mille morts et provoqua l'affrontement de soixante-cinq millions d'hommes.


Par extension

Une autre expression fait allusion à ce même sentiment de confiance : "Partir la fleur au fusil".


 

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