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Le blog de carlyne

Bilan de la classe sans note

10 Janvier 2014 , Rédigé par carlyne Publié dans #Enseignements

• L’origine des données

Dans le cadre du questionnement sur le bien-être à l’école, le Service Médical du Rectorat de Poitiers et le CARDIE se sont associés pour mener une enquête "lourde" auprès de quelques collèges de l’académie. Les questionnaires (fichiers joints en PDF) et les modalités de passage ¹ se sont voulu le plus objectif possible. L’exploitation a été menée par les internes en santé publique au Rectorat.
Les parents ont aussi été destinataires d’un questionnaire mais le nombre de réponses obtenues n’autorise pas un traitement statistique qui ne soit pas contestable.

• Le point de vue des élèves

522 collégiens ont répondu au questionnaire, et 464 réponses se sont avérées exploitables
Les élèves sont répartis en proportion relativement équivalente par sexe (46% de garçons). 62% sont en sixième, les autres sont répartis sur les autres niveaux. 
Si on les interroge sur leur satisfaction, en demandant de situer sur une échelle de 0 à 10, elle est de 5,04 en moyenne, mais la médiane est de 5,0. 
A noter : le premier pic est à 5/10 : 16%, et le second à 15% pour 0/10. 
Concernant l’ambiance en classe, l’entraide et le comportement entre eux, si la majorité des élèves ne discerne pas de changement avec ou sans notes, ceux qui le perçoivent notent une amélioration de tout cela.
Très majoritairement ils aiment venir au collège (86%) et le fait de ne plus avoir de notes n’a pas modifié cela pour 86% d’entre eux. 
Les deux tiers ne sont pas stressés par l’évaluation (63%) et après cette expérience l’évaluation par notes contribue au stress pour 42% d’entre eux, en revanche cela n’a pas d’incidence pour la moitié des élèves (47%).
Pour 25% la note leur manque, et 67% veulent y revenir l’année prochaine. 
Concernant les apprentissages ils situent mieux ce qui leur reste à apprendre (58%) et ils comprennent mieux ce que les enseignants attendent d’eux (67%). 
Ils ne dialoguent pas plus facilement avec leurs professeurs (59%).
Pour les relations avec leurs parents, 60% discutent plus facilement de leurs résultats après la remise du bulletin.

• Le point de vue des enseignants

Pour les enseignants, 53 ont pu répondre. La majorité (62%) a un maximum de 15 ans d’ancienneté. 


Pour eux, la principale finalité de l’école est, par ordre d’importance,

  • de « faciliter la construction de l’élève et lui permettre de s’épanouir personnellement » (28%),
  • de « préparer à la vie en société et la citoyenneté » (26%)
  • de « construire chez les élèves une culture et un esprit critique » (21%).

En ce qui concerne leur rôle, il est de

  • « permettre la construction de compétences » (30%),
  • « transmettre des savoirs » (26%),
  • « permettre à l’élève de se sentir bien à l’école » (25%).


Pour 60% la note est un système d’évaluation fiable, néanmoins cette expérience a modifié leur perception de l’évaluation (58%). 
La note leur manque pour 75%. Quand on leur demande pourquoi, ils regrettent l’aspect très chronophage de ce système de notation, la perte de repère pour situer leurs élèves et se situer eux-mêmes. 

 Les effets sur le comportement et les apprentissages

Concernant les effets engendrés sur les élèves, 74% pensent qu’en termes de comportements cette nouvelle modalité d’évaluation a eu des effets positifs : les élèves se montrent plus calmes, moins angoissés, font preuve de plus de civisme et ont une meilleure estime d’eux-mêmes. 
D’ailleurs 66% pensent que cette nouvelle modalité d’évaluation a entraîné des effets en termes de développement de l’estime que les élèves ont d’eux-mêmes : les élèves en difficultés notamment qui se remobilisent (là où la note stigmatisait, sanctionnait). Pour les très bons élèves en revanche, certains regrettent l’aspect compétition de la note.

En termes d’apprentissage, 57% pensent que les effets sont négligeables.

 Mise en place du projet "classes sans notes"

Concernant la mise en place du projet lui-même, ils soulignent le mode de génération spontanée qui le caractérise : peu d’encadrement, pas ou peu de formation, de temps dédié, de logiciel adapté clair, fonctionnel et prêt à l’utilisation. 
La première clé de réussite de ces projets de classes sans notes, repose sur l’entraide, l’esprit d’équipe, la solidarité entre enseignants, et parfois leur administration (quelques professeurs citent le CARDIE ou la MEIP, les Inspecteurs.)

Une bonne communication avec les parents et leur adhésion est la deuxième clé de la réussite. Enfin, une unité de temps et d’espace (tous les 6ème ou aucun, voire tous les niveaux du collège ou aucun) apporte en cohérence et facilite finalement la mise en place. Il faut compter en moyenne cinq ans pour asseoir définitivement les classes sans notes dans ces conditions.

 

(1) Les élèves répondaient en ligne, de façon individuelle à l’enquête, en salle informatique, sur le temps de présence au collège, avec l’aide éventuelle d’un enseignant.

 

CARDIE : cellule académique recherche développement innovation et expérimentation académie de Nantes

Toutes les informations ont été recueillie sur le site si après : http://ww2.ac-poitiers.fr/meip/spip.php?article233

 

Le bilan des expérimentations à lire à l’adresse suivante : http://ww2.ac-poitiers.fr/meip/IMG/pdf/bilan_des_experimentations_par_cardie_nantes.pdf

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